Exploration du réseau de la Source de Falgueyret

Dans le cadre de la révision des périmètres de protection  de la source de Falgueyret du SIAEP de St ALVERE, une réunion de terrain s’est tenue le 18 Juillet 2001 sur le site même de la source. Etaient présents Mr Pélissier Hermitte, Hydrogéologue agréé, Mr Dubos, Président du syndicat, Mr Lebon, fontainier de la société SEREX qui exploite la source, ainsi que Mme Jacquemain et Mr Wagner du Conseil Général de la Dordogne.

Suite à la visite du site et de différentes dolines situées à proximité de la base de loisirs de St Avit Vialard, a été décidé par Mr Pélissier qu’un inventaire des dolines présentes dans le secteur était nécessaire, mission qu’il a confié aux représentants du Conseil Général. Ce complément d’études répond aux inquiétudes de Mr Dubos face à l’important développement touristique dans la zone d’étude et aux problèmes d’assainissement qui peuvent y être liés.

Un rapport d’information sur l’environnement karstique de la source à été réalisé par le Service de l’Aménagement rural du Conseil Général par sa technicienne Mme Jacquemain, qui fait état de ce qui suit :

 

« Les dollines »

 Au regard de la carte IGN (1936 ouest Lalinde), et des différents témoignages recueillis, 21 dolines ont pu être cartographiées. Cet inventaire n'est pas strictement exhaustif, d'éventuelles dolines ont pu ne pas être repérées, devant la nature parfois très arbustive et broussailleuse du terrain. L'ensemble de ces dolines est situé sur un plateau qui surplombe la source du Falgueyret (sauf celle du Cros de la Bille qui se trouve à 250 m environ de la source).

 

 

Exploration de 1997 :

 

28 Août 1997 lors d'une reconnaissance Pascal Mouneyrat, franchit le siphon après plusieurs tentatives.

 

Le mardi 23 Septembre 1997 à 13H30, nous nous équipons pour plonger, afin de franchir le siphon. Nous avons l’espoir de découvrir un système Karstique intéressant, c’est pourquoi un appareil photo étanche et une boussole topographique sont ajoutés aux matériels emportés ce jour.

Le siphon après un aménagement indispensable de l’entrée, déplacement de blocs instable, débute par une étroiture  jusqu’à –5 mètres de profondeur. La suite est plus facile car d’une section moyenne de (Hauteur 1.50m x Largeur 2.50m). Nous progressons sur 28 mètres environ, avant de remonter à la surface au niveau d’une pente d’éboulis chargé en particules argileuses. La visibilité dans le siphon est bonne à l’aller (2 à 3 mètres), mais au retour elle le sera certainement moins, surtout pour repasser le puit étroit.

 

 Nous posons notre matériel de plongée. Devant nous, nous découvrons une galerie d'une section confortable (Hauteur 1,50m x Largeur 2m), d’ou arrive la rivière souterraine que nous remontons sur 100m. Peu à peu le plafond se relève, la galerie est creusée au bénéfice d’une faille. Un étage supérieur est perceptible, 5 à 10m plus haut (non exploré ce jour).

 

Nous progressons toujours au niveau de la rivière pendant 150m environ, la galerie prend l’aspect d’un méandre d’une section confortable de ( Hauteur 1.50 m x Largeur 3.50 m), nous progressons ainsi sur 100m.

Quelques accès à de nouvelles galeries fossiles remontantes sur la gauche (non explorées).

Puis nous perdons le cours principal de la rivière et progressons dans une galerie semi active sur 50 m de plus.

Nous débouchons sur ce que nous croyons être une salle importante mais qui est en fait une galerie sèche (en cette période) d’une section de (Hauteur 2.50 m x Largeur 6 m) sur 50 mètres environ. Nous apercevons quelques départs d’affluents fossiles sur la droite non explorés.

Il est 16h, nous ne pouvons continuer, car nous avons promis d’être dehors pour 17h au plus tard, il faut rentrer…

David Nau et Pascal Mouneyrat 

 

 

 

Exploration de 2001 :

Sortie du 15 Septembre 2001 à la source de FALGUEYRET.

Lors de cette première sortie, le siphon d’entrée sera rééquipé et sécurisé par les plongeurs. En effet l’entrée du siphon qui permet d’accéder à la cavité a subi plusieurs grosses crues depuis 1997 et le fil d’Ariane a été brisé à de multiples endroits suite à l’éboulement de blocs instables venant de la partie supérieure du siphon. Une petite prospection et une visite du massif en surface sont ensuite réalisées, pour avoir une vue d’ensemble du massif et des possibilités karstique.


David Nau et Pascal Mouneyrat 

 

Sortie du 23 Septembre 2001:

Pour cette deuxième sortie la topographie du réseau déjà exploré en 1997 est réalisé soit 389 m. Un affluent est découvert, qui drainent 40% de l’alimentation en eaux de la source. Des étages supérieurs sont aussi entrevus.


David Nau et Pascal Mouneyrat

 

 Sortie du 13 Octobre 2001:

La topographie de la cavité explorée est complétée de 370 m, ce qui porte le système à 759 m exploré et topographié.

Le siphon point délicat est aussi passé au crible par nos instruments de relevé ainsi que l’affluent.

Laurent Broussolle et Pascal Mouneyrat 

«  L'entrée du siphon est encombré de Blocs instables.
Profondeur Maxi: -5 m. Longueur: environ 28 mètres.
Hauteur: 1,5 m. Largeur: 2,5 m 
Étroiture sévère (en plongée, descente du puit, 
avec les blocs entre les cuisses. »

 

 

Sortie du 10 Novembre 2001:

Le regard d’un actif souterrain entre la Plumardie et la Combe Delmas, un puit artificiel de 7 mètres de profondeur a été exploré pour voir si une relation peut  être établi avec la source de Falgueyret. S’il s’avérait que ce regard était un affluent du système, une coloration serait

opportune pour confirmation.

 

Sylvie et Pascal Mouneyrat

 

Sortie en Août  2002:

En solo dernière sortie en Périgord a la source de Falgueret, désobstruction de la trémie terminale. sans résultat. De trop gros travaux seraient nécessaire pour passer.


Pascal Mouneyrat

 

Description :

 

L’axe principal du réseau actif dont l’orientation n’est pas encore bien figée avec une préférence au Nord-Est magnétique (entre 25° et 45°). Le creusement suit l’orientation de la faille pour moitié de son développement puis change radicalement de morphologie pour prendre une tendance de creusement en joint de strate. Ce qui explique l’incertitude pour l’instant de l’orientation  du cours principal car plusieurs facteurs peuvent en déterminer ses axes (le pourcentage du pendage et son orientation générale, la nature du calcaire traversé, la vitesse de la circulation souterraine, la dissolution …etc.).

La galerie est dénuée d’argile et le cheminement se fait sur un lit de gravier et de sable. Le volume des galeries s’accroît en progressant et devient carrément spacieux à certain moment avec des galeries de « métro » de 10 m de largeur par 6 mètres de hauteur

 

La doline du Cros de la Bille est nettement visible dans la cavité sous la forme d’une grosse trémie d’effondrement (un point d’absorption de proximité à moins de 300 mètres de la source.)  La morphologie de la galerie montre pour l’instant qu’elle est plus sensible aux zones d’absorptions de type dolines ou pertes qui se voient  bien sur les cartes selon un axe du lieu dit « Lavalade » à St Avit Vialard en direction de la source.

Notre sentiment est qu’il faut s‘attacher à poursuivre le cours principal de ce système qui peut encore nous révéler bien des surprises, notamment notre attention se portera aussi, sur d’autres affluents que nous allons très certainement découvrir et ainsi analyser leurs directions pour préciser les risques. Pour l’instant on évalue les ressources en eaux fournies par l’axe principal à 60%.

 


Pascal, avant le départ...

L’affluent actif  draine quand à lui 40% des ressources en eaux de consommation. Il n’est pas pénétrable car trop étroit, c’est la partie inférieure de l’affluent semi fossile creusé dans une grande diaclase.

Le creusement est orienté suivent un axe de diaclase constant favorisé par une grande « faille » ou « diaclase » visible sur la carte géologique.

Pour ce qui nous intéresse nous pensons que le terme de « diaclase » est le plus approprié car nous produisons la définition suivante publié par P.FENELON  chercheur au CNRS en 1967 : Diaclase « cassure sans déplacement relatif des strates, perpendiculaire ou oblique au plan de stratification dans les roches calcaires; les eaux d’infiltration y circulent avec rapidité, elles usent et dissolvent et élargissent les parois formant les diaclases. Les diaclases sont donc des fissures ou discontinuité. Les fissures ainsi ouvertes sont de toutes dimensions de plusieurs mètres à  plusieurs hectomètres voire kilomètres.»

Cette morphologie de creusement est très sensible du fait de la rapidité ou les eaux de surface pénètrent le système, par les diaclases ou fissures. La zone du lieu dit « Falgueyret » en direction du château d’eau, vers « Les Brandes », est à surveiller. Cet affluent actif doit facilement se charger d’argile lors des crues et troubler un peu la source.

 

L’affluent semi fossile est donc la partie supérieure de L’affluent actif, il est pénétrable, très argileux et humide avec plusieurs arrivées d’eau en plafond. Il se termine sur une trémie argileuse probablement un effondrement de la galerie en diaclase liée à la surface.

 

La galerie supérieure est l’ancien cours de l’affluent qui revient vers l’entrée et se termine à proximité du siphon. Le creusement en forme de diaclase est la suite logique de l’affluent semi fossile. Des racines d’arbres, nous permet de penser que l’on ne doit pas être bien loin de la surface.

 


David NAU , départ dans l'étroiture !

"Le site est protégé, car capté pour les communes environnante."

 

 

Article de Pascal MOUNEYRAT

www.spelebase.net

 


David NAU